Eva | Café Westend, Vienne

Photo : Alain Barbero | Texte : Barbara Rieger | Traduction : Sylvie Barbero-Vibet

 

Les zones de transit regorgent de tout
Elle choisit des figures étranges
Seuls les ornements s’attardent
Une gare aspire
Les habitués
Depuis longtemps les horloges
n’avancent plus
Il reste dix ans pour prendre un train
À bord un homme en charentaises fait signe
A. regarde le foot avec le patron
Et demande : « Pourquoi ne choisis-tu pas toi-même ? »

Marianne Jungmaier | Café Westend, Vienne

Photo : Alain Barbero | Texte : Marianne Jungmaier | Traduction : Sylvie Barbero-Vibet

 

tu dis dein Französisch ist tadellos
mais la journée n’est pas encore terminée
et les hirondelles
vont regarder passer l’été
et on dira aux enfants
le mois de mai a été pluvieux
où étais tu
lorsque la pleine lune a disparu

lorsqu’on t’a appelé
mais sans imaginer
que les ombres ont besoin d’être soutenues
le temps
que ton nom
tu ne saches plus

Eva | Café Westend, Vienne

Photo : Alain Barbero | Texte : Barbara Rieger | Traduction : Sylvie Barbero-Vibet

 

Un train de Paris, un train pour Paris et quelqu’un pour lui prendre ses bagages. Elle part pour l’Ouest et se déguise, ou pas. Elle regarde vers l’Est et A. se demande, c’est elle ou moi.
Elle ou moi, je te demande.
La ville est un village, où tout le monde se connaît, ou pas.
Ils redoutent la fin avant même de commencer, portent des chemises de bucheron, supportent des culottes de peau, s’insupportent de l’entre-deux. Ils prennent une bière et perdent le Nord, ou pas. C’est quelque part en Europe où l’intérieur s’affranchit de l’extérieur qu’ils se sentent comme chez eux.