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Katherina Braschel | Café Anno, Vienne

Photo : Alain Barbero | Texte : Katherina Braschel | Traduction : Sylvie Barbero-Vibet

 

comment : enfoncer les ongles dans le vernis du bois, les retirer, les faire crisser, mais l’intérieur, il doit rester un intérieur, dans le cadre, si elle veut parler, non crier, non hurler, quand elle veut s’extraire de la peau, mais seulement de sa propre peau, ou bien : l’écharde, enfoncée sous la peau, les ongles, incrustés en soi, s’arrimer, semer des spores, sous-cutanées, qui se transformeront en arbre, peut-être en forêt, en bois de chauffage, ça flambe
elle : une colonne sertie, elle respire, la table, elle vacille, la bière, elle goutte, elle : une colonne incrustée tout autour, la chaise, elle vacille, le cendrier, il tombe, dans les têtes, dans les mots, provoque des déchirures, une écorchure sur ses paumes, le verre, la fraîcheur en elle, aucun résidu de fibre,
seulement des fractures nettes

 


Interview de l’auteure

Que signifie la littérature pour toi ?
Katherina Braschel : Peut-être aussi : la recherche d’une réponse à cette question qui ne soit pas ringarde. Ou ringarde dans le bon sens du terme ? Dans tous les cas, une recherche, une (auto)exposition, un chez-soi (compliqué), un refuge, une caresse, une gifle. Et le pouvoir.

Quelle signification les cafés ont-ils pour toi ?
KB : J’apprécie les cafés surtout comme des endroits où l’on peut disparaître sans disparaître. Et j’en ai besoin pour pouvoir écrire.
Dans un vrai café, je n’ai pas besoin de me boucher les oreilles pour accéder à la langue, à l’écriture, car ce certain mélange de silence, de voix et de bruits de vaisselle le fait pour moi.
Bien sûr, il faut pouvoir se payer des cafés, et cela ne va pas de soi.

Pourquoi as-tu choisi le Café Anno ?
KB : Parce que je viens ici en général une fois par semaine, puisque je suis co-organisatrice de deux séries de lectures. Parce que la littérature trouve ici un espace facilement accessible et je pense que c’est extrêmement important. Le Café Anno est tout simplement un endroit où je peux être, et ce depuis longtemps, où je me sens à l’aise et où je sais qu’il y a des stylos et des feuilles derrière le bar, au cas où je n’aurais pas de carnet sur moi.

Que fais-tu lorsque tu n’es pas au café ?
KB : En ce moment, je pense aux cafés et ils me manquent beaucoup. Je ne peux presque pas écrire à la maison et je remarque à quel point cela me mine.
Autrement : travailler, lire, passer du temps avec des personnes adorables, s’emporter et regarder des vidéos en ligne de cargos.

 

BIO

Élevée à Salzbourg, Disneyland baroque, Katherina Braschel vit et travaille à Vienne depuis 2011, où elle a également étudié le théâtre, le cinéma et les médias. Elle écrit principalement de la prose. Elle a déjà reçu à ce titre divers prix et bourses, notamment le Rauriser Förderungspreis et le Wortmeldungen Förderpreis de la Fondation Crespo de Francfort, tous deux en 2019. Son premier roman “es fehlt viel” a été publié aux Editions Mosaik en 2020.
Elle croit en la solidarité féministe, la bonne bière et le pouvoir délicat de la langue.

Erik Tenzler | Café Anno, Vienne

Photo : Alain Barbero | Texte : Erik Tenzler dans « Melange der Poesie » Kremayr & Scheriau 2017 | Traduction : Sylvie Barbero-Vibet

 

Sur la plage du monde fabuleux de l’anémie
couverte de CV fraîchement mis à jour
dans la gorge, le tricot et les tout derniers nuages
des échantillons de tissus qui voulaient échantillonner des tissus
et dormir avec l’histoire d’une nuit
dormir avec le canapé
dormir avec le courant
dormir avec la femme échangée
dormir avec la projection d’un rêve
dormir avec soi-même
dormir avec la vie.
Dormir.

 


Interview de l’auteur

Que signifie la littérature pour toi ?
Erik Tenzler : Une croisière « tout compris » sur un bateau à vapeur à destination du centre de la terre. Peut-être.

Que représente pour toi la café viennois ?
ET : Quand je viens à Vienne et que je vais dans l’un de ces anciens cafés viennois, je me demande à chaque fois si je ne suis pas assis dans un de ces fauteuils où s’est déjà installé quelqu’un que j’admire ou que je déteste. Alors j’essaie d’imaginer ce que cette personne pouvait bien regarder ou penser à ce moment-là. C’est comme si je me mettais dans la tête de quelqu’un d’autre ou que je me transportais à une autre époque.

Que fais-tu quand tu n’es pas au café ?
ET : Gagner ma vie, acheter des choses, travailler sur un livre, prendre mon petit-déjeuner (ce que j’aime bien faire plusieurs fois par jour), faire de la musique, puis gagner de nouveau de l’argent, acheter des choses…

Comment as-tu découvert le café Anno ?
ET : J’ai suivi le conseil d’une amie chère. Elle m’a conduit exactement là où je voulais aller.

Benjamin Bucher | Café Anno, Vienne

Photo : Alain Barbero | Texte : Benjamin Bucher

 

Texte en version originale seulement (DE)

 


Interview de l’auteur

 

En V.O seulement (DE)