Velibor Čolić | Chez Velibor, Bruxelles
Photo : Alain Barbero | Texte : Velibor Čolić
L’exil, selon Anthony Burgess, est un état négatif : l’exilé est « rejeté par les autochtones comme par ses compatriotes ». Partir, c’est tout de même déjà arriver un peu. Depuis trente-trois ans déjà, partir pour moi n’est qu’une seconde peau, un abonnement longue durée pour la France. Un costume mal taillé qui me transforme en étranger. Constamment j’ai la sensation que je suis entre deux gares, entre deux quais, que j’attends quelque chose, quelque part. Et pourtant rien à faire. L’exil c’est la poussière, l’exil c’est l’éponge mouillée de l’oubli ; l’exil c’est avoir un accent partout, y compris chez soi. L’exil c’est partir puis rester, se faire inviter puis rester, inventer les choses, une vie toute nouvelle,
puis rester… Finalement l’exil, c’est rester.
BIO
Né en 1964 en Yougoslavie. Depuis 1992 vit et travaille en France. En 2008 il commence à écrire en français, la langue de son exil. Il publie ses romans aux éditions Gallimard. Ses livres on été traduits en seize langues. Naturalisé français en 2019. Il vit à Bruxelles depuis 2021.


