Mon café

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Harald Jöllinger, Café Votiv, Kaffeehaus, Vienne, Wien

Originalversion (Deutsch): Seite 1 / Français : page 2 / English: page 3

Foto: Alain Barbero 2019 (Café Votiv / Wien)

Kaffeehäuser, ich weiss nicht. Genau genommen mag ich keine Kaffeehäuser. Kaffee schon, den mag ich. Jeden Tag einen Kaffee in der Früh. Sonst komm ich gar nicht raus. Aber nur einen. Und nur in der Früh. Mehr nicht. Sonst kann ich nicht schlafen.
Gegen Häuser hab ich auch nichts. Wohn auch in einem Haus. Also nein, in einer Wohnung, aber die ist ja auch in einem Haus. Aber Kaffeehäuser …
In Kaffeehäuser geh ich nur … Also seit ich halt mit dem Schreiben begonnen hab. Weiss nicht warum. Ist ja eine fade Sache, die Schreiberei. Vielleicht liegt’s am Häferl von der Oma. Da ist drauf gestanden: „Jessas na, war des a G’frett, wenn man kan Kaffee net hätt.“ So hat das angefangen mit mir und dem Kaffee. Und so hat das auch angefangen mit mir und dem Dichten. Das wollt ich auch können und so hab ich eben auch was geschrieben. Kann auch sein, dass ich erst später mit der Schreiberei begonnen hab. Wie mir mein Onkel gesagt hat: „ In deinem Kopf da scheppert es, du bist ein Kind ein deppertes.“ Ist jetzt auch schon tot, der Onkel. Aber da hab ich begonnen Gedichte zu schreiben. Mit Reim und so. Dann Limericks. Und kleine Geschichten.
Und was machen die depperten Literaturzeitschriften, denen ich das Zeug geschickt hab? Anstatt dass die sagen: „Das ist ein Schas, das veröffentlichen wir nicht.“, drucken die das ab. Das ist kein Spass. Weil seither bin ich Autor. Und jeder Autor hat ein Kaffeehaus, in dem er schreibt. Keiner schreibt daheim am Schreibtisch. Nein, im Kaffeehaus. Das ist so. Das ist zwar ein Klischee und ich mag keine Klischees. Aber man muss sich ja trotzdem daran halten.
Jetzt sitz ich halt immer wieder sinnlos im Kaffeehaus und schreib was. Aber Feude hab ich keine damit. Mit dem Schreiben nicht, und mit Kaffeehäusern schon gar nicht.

Harald Jöllinger (2019)

Bio und Kurzinterview mit dem Autor Harald Jöllinger Continue reading

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Lili et Riton

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Sorour Kasmaï, Lili et Riton, Café, Paris

Version originale : page 1 / Deutsch: Seite 2 / English: page 3

Photo: Alain Barbero 2019 (Lili et Riton)

J’aime la ville comme d’autres aimeraient la campagne. « Cet océan de pierres est tout autant Nature que la nature, la montagne ou la mer, et l’homme qui y naît est en quelque sorte imaginé par elle »*. J’aime la ville, son imaginaire, ses histoires, sa poétique. L’histoire de ceux qui l’ont habitée, l’ont façonnée, l’ont rêvée.

Pour traquer l’imaginaire qui se cache derrière ses pierres, je déambule dans ses rues. La ville se compose de lieux et d’objets qui ont accumulé tant de présences, tant de dedans ou dehors collectifs. Lors de mes déambulations, la ville et ses habitants me dévoilent peu à peu leurs rêveries.

Il existe des oasis dans la ville où le temps est suspendu. Des lieux ambigus, mi ville mi village, situés à la limite d’aujourd’hui et d’hier, de la littérature et de l’actualité… De cette ambiguïté naît la poésie, surgit le rêve.

Un de ces lieux d’ambiguïté est une petite place ombragée au croisement de plusieurs époques, où le temps présent se mêle au passé parfois lointain. À deux pas de la frénésie de la gare, un petit village au pied d’une tour moderne. Avec d’un côté vue sur la rue de la Gaîté et ses guinguettes du XIXème s., devenues théâtres au XXème, et de l’autre, la Rue d’Odessa et ses crêperies bretonnes. Autrefois malfamé, haut lieu de la prostitution et du crime, le boulevard Edgar Quinet longe toujours le mur du vieux cimetière où Baudelaire est inhumé, à deux pas du Montparnasse des années 20 et de ses artistes peintres. Rue Delambre, Gauguin et Breton étaient logés à la même enseigne, mais à des époques différentes. Hemingway et sa Lost Génération se retrouvaient juste en face, au Dingo Bar, aujourd’hui disparu. Sartre et Malraux hantent toujours les parages.

Sur cette place, le rythme effréné de la grande métropole se ralentit, vous donnant envie de vous arrêter un instant, de vous poser à la table d’une terrasse, ou bien par mauvais temps, vous réfugier au fond de la salle d’un de ses innombrables bistrots. Lili et Riton en est le plus petit de tous.

Un lieu lui aussi ambigu, mi bistrot mi café. Bistrot car on vous y accueille en habituée du lieu, vous serrant chaleureusement la main et demandant de vos nouvelles. Café car aussitôt après les salamalecs, on vous rend votre liberté de rêver en solitaire. Vous choisissez alors votre table. Certaines en sont ornées de plaques métalliques, avec un nom quelconque gravé dessus. Probablement celui d’un autre habitué, fidèle comme vous et qui ne s’y rend plus, ayant pris désormais ses quartiers au cimetière, de l’autre côté du boulevard. Mais les tables et les chaises, témoins muets d’autres vies et d’autres destins, sont toujours là, elles. Mais quels destins ? Quelles sont les histoires, les paroles intimes qui y ont été dites ou racontées ? Qui sont les Lili et les Riton qui s’y sont rencontrés ou quittés ?

Je note sur mon petit carnet des bribes de conversation que je crois y entendre. Je regarde les gens passer d’un pas hésitant, dehors, perdus dans leurs pensées. Où vont-ils ? D’où ils viennent ? J’entends un rire de femme éclater dans mon dos. Je ne me retourne pas, libre d’imaginer le visage que je souhaite. De quoi rit-elle si amèrement ? Quel âge a-t-elle ? Quelle illusion vient-elle de perdre à jamais? J’écoute quelques secondes, mais je ne discerne plus rien. Je me retourne. Il n’y a personne. Alors, je l’invite à exister. J’écris un mot, une phrase… J’écris la femme qui un jour était assise à la table du fond…

*Pierre Sansot dans la Poétique de la Ville

Sorour Kasmaï (2019)

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Je te laisserai les mots…

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Marco Amoroso, Lettere Caffè, Café, Roma

Foto: Alain Barbero 2018 (Lettere Caffè / Roma)

Ti lascerò le parole

La prima volta che ti ho vista ho pensato che avrei dovuto incontrarti prima.
O forse mai.
Abbiamo dormito insieme e faceva freddo, e la tua stanza era piena di piante.
Un profumo di menta. Gainsbourg.
Un ricordo di quando eri piccola.
Io te e la città  che dorme. 
L’oceano non troppo lontano.
Il sole e il caffè che ci regalano il giorno.
Le parole, che spesso hanno un destino migliore di chi le scrive.

Marco Amoroso (2019)


Je te laisserai les mots

La première fois que je t’ai vu, j’ai pensé que j’aurai du te rencontrer bien avant. 
Ou peut-être jamais.
Nous avons dormi ensemble, il faisait froid. Ta chambre était remplie de plantes.
Un parfum de menthe. Gainsbourg. 
Un souvenir de toi quand tu étais enfant. 
Moi, toi et la ville endormie. 
L’océan pas très loin. 
Le soleil et le café que nous offre le jour.

Les mots qui, souvent, ont un destin meilleur que celui de leurs auteurs.

Version française : Marco Amoroso & Arnaud Wadoux (2019)


Ich lasse dir die Worte.

Als ich dich zum ersten Mal sah, dachte ich, dass ich dich früher hätte treffen sollen.
Oder vielleicht nie.
Wir schliefen zusammen, es war kalt. Dein Zimmer war voller Pflanzen.
Ein Duft von Minze. Gainsbourg.
Eine Erinnerung an damals, als du klein warst.
Ich, du und die schlafende Stadt.
Das Meer nicht sehr weit.
Die Sonne und der Kaffee, die uns der Tag anbietet.
Worte, die oft ein besseres Schicksal haben als jene, die sie sagen.

Übersetzung ins Deutsche von Anna Robinigg 2019


I will leave you the words

The first time I saw you I thought I should have met you before.
Or maybe never.
We slept together, it was cold. Your room was filled with plants.
A scent of mint. Gainsbourg.
A memory of when you were little.
Me, you and the sleeping city.
The ocean not very far.
The sun and the coffee that the day offers.
The words that often have a better destiny than those who say them.

English version: Anna Robinigg 2019

Bio und Kurzinterview mit dem Autor Marco Amoroso

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Carmela

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Giovanni del Franco, Le Bouquet de Grenelle, Bistrot, Paris

Foto: Alain Barbero 2019 (Le Bouquet de Grenelle / Paris)

Séance photo pour Alain. J’ai peur qu’il ne soit pas satisfait. Je cherche à échapper au regard noir de l’objectif. Je laisse aller mes pensées. Elles sont captées par l’esprit d’une femme. Disparue il y a quarante-deux ans, en Italie, dans le pays de mon père. Une femme dont le destin me fascine. Sur laquelle je tente d’écrire. Elle me mène des hauteurs fantasmées de la Sierra Madre mexicaine aux paysages familiers de l’Ombrie. J’aurais pu la connaître : entendre sa voix, regarder ses gestes, respirer ses silences. Elle est partie trop tôt. Aussi, est-ce par de rares clichés que je tente de la rejoindre : des photos d’elles, dont une à vingt ans. Sa beauté grave y est empreinte de mélancolie. Je cherche sur ses traits les fils de son histoire. Mais Alain attend. Il faut que je revienne.

Giovanni Del Franco (2019)


Fotositzung für Alain. Ich bin besorgt, dass er nicht zufrieden sein könnte. Ich versuche, dem schwarzen Blick des Objektivs zu entkommen. Ich lasse meinen Gedanken freien Lauf. Sie werden eingefangen vom Geist einer Frau. Verschwunden vor zweiundvierzig Jahren, in Italien, dem Land meines Vaters. Eine Frau, deren Schicksal mich fasziniert. Über die ich zu schreiben versuche. Sie führt mich von den erträumten Höhen der mexikanische Sierra Madre zu den bekannten Landschaften Umbriens. Ich hätte sie kennen können, hätte ihre Stimme hören, ihren Blick schauen, ihr Schweigen atmen können. Sie ist zu früh gegangen. So also sind es wenige Bilder, mit deren Hilfe ich sie zu erreichen versuche: Fotos von ihr, davon eines mit zwanzig Jahren. Ihre würdevolle Schönheit ist geprägt von Melancholie. In ihren Zügen suche ich nach den Fäden ihrer Geschichte. Aber Alain wartet. Ich werde später zurückkehren.

Übersetzung ins Deutsche von Anna Robinigg 2019


Photo session for Alain. I am worried that he might not be satisfied. I try to escape the black look of the lens. I let my thoughts wander. They are captured by the spirit of a woman. Disappeared forty-two years ago, in Italy, my father’s country. A woman whose destiny fascinates me. About whom I am attempting to write. She takes me from the fantastic heights of the Mexican Sierra Madre to the familiar landscapes of Umbria. I might have known her: might have heard her voice, seen her gestures, breathed her silences. She left too soon. Thus, it is through rare likenesses that I try to meet her: photographs of her, one among these of her at twenty years old. Her solemn beauty is full of melancholy. In her features, I try to read the lines of her story. But Alain is waiting. I will have to come back.

English version: Anna Robinigg 2019

Kurzinterview mit dem Autor Giovanni Del Franco 

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Le Miroir

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Niklas L. Niskate, Die Moserei - Gastro & Kultur Container, Kaffeehaus, Scharnstein

Foto: Alain Barbero 2018 (Die Moserei – Gastro & Kultur Container / Scharnstein)

SERKALO
-.-.-.-.-.-.–.—.- -.—.–.-.-.-.-.-.-
von nun an kannst du sprechen ich
ist sie sind es. laut und klar. fußspuren weißt du in gedanken

noch dort. im regen vor der brennenden scheune
gebaut von ihm ein verlassener sommer
als ihr euch geliebt habt wolltet ihr uns da

wind. gedächtnis erlischt uns im krieg
suchten wir einen arzt. im zeitsprung verloren
drehen wir um die plötzliche stille wurde allen zur qual

er stellt sich der schrift aber sie wird nicht gelesen
öffentlich himmel für die augen besitz
eine welt voller spiegel in der niemand sieht
wie wir fielen                        so fielen wir nicht

nacktlosigkeit. wechsel brennt
auf der nassen haut. konnte dich niemals verlassen
das blickfeld zu dir. immerfort leer

Niklas L. Niskate (2019)


SERKALO
-.-.-.-.-.-.–.—.- -.—.–.-.-.-.-.-.-
dorénavant tu peux parler je
est ils le sont. haut et fort. empreintes connues en pensées

toujours là. dans la pluie devant la grange en flamme
un été abandonné qu’il a créé
lorsque vous vous aimiez, vous nous souhaitiez présents

vent. la mémoire se perd dans la guerre
à la recherche d’un médecin. perdu dans le saut temporel
regard en arrière le silence soudain devient pour tous une torture

il se confronte à l’écriture mais elle n’est pas lue
ciel public pour la possession des yeux
un monde empli de miroirs dans lequel personne ne voit
comme nous tombions                       alors nous ne tombions pas

nudité. le changement brûle
sur la peau humide. n’ai jamais pu te quitter
le regard vers toi. constamment vide

Traduction Sylvie Barbero-Vibet 2019


SERKALO
-.-.-.-.-.-.–.—.- -.—.–.-.-.-.-.-.-

from now on you can speak I
is they are it. loud and clear. footprints you know in thoughts

still there. in the rain in front of the burning barn
he built an abandoned summer
when you loved one another did you want to and us

wind. memory ceases us in war
we looked for a doctor. lost in the leap in time
we turn around the sudden silence has become agony for everyone

he confronts the writings but it is not being read
publicly sky for the eyes property
a world full of mirrors in which no one sees
how we fell                             we did not fall like that

nakedlessness. change burns
on wet skin. could never leave you
field of view towards you. empty evermore

English version: Anna Robinigg 2019

Bio und Kurzinterview mit dem Autor Niklas L. Niskate Continue reading

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Clin d’œil

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Dascha Barabenova, Knigi i Kofe, Saint-Pétersbourg, Sankt Petersburg

Foto: Alain Barbero 2018 (Knigi i Kofe / Sankt-Petersburg)

Augenkaviar
tausende kleinen Augen
zwischen Wimperalgen
brechen und biegen
Lichtlinien
Augenbrauen fließen strömend
unter die Stirn
unter der Stirn
unbeweglich bleibend

Rede Figuren wie unterm Wasser
ob ich wirklich sehe

im Kristall
in einer gläsernen Kugel
im Tropfen
in einer Tauperle
in einem Tr-
durch tausende durchsichtigen
und unsichtbaren
augenden
Kaviarkerne

Dascha Barabenova (2018)

Caviar de pupilles
Des milliers de petites pupilles
Entre des algues ciliaires
Brisent et déforment
Des raies de lumière
Les sourcils coulent à flot
Sous le front
Sous les arcades
Immobiles

Figures de style comme sous l’eau
Si je vois réellement

Dans le cristal
Dans la boule de cristal
Dans la goutte
Dans la rosée
Dans la gou…
Au travers de milliers,
Invisibles et transparents,
Pénétrants
Pépins de caviars

Traduction Sylvie Barbero-Vibet 2019

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” Melange der Poesie ” à Paris

Melange der Poesie in Paris!

5. Februar 2019, 19:00 Uhr Bal Café Otto (Reservierung erforderlich)
Association autrichienne à Paris

21. Februar 2019, 20:00 Uhr in der Galerie L’Achronique
Galerie Achronique Paris


• Mardi 5 février 19h00 au Café Otto (6 impasse de la défense 75018 Paris)
Soirée “fingerfood” avec Barbara Rieger & Alain Barbero : présentation du livre, lectures, dédicaces
Réservation jusqu’au 28 janvier —> Association autrichienne à Paris
Forum Culturel Autrichien

 

• Jeudi 21 février 20h00 à la Galerie L’Achronique (42 rue du Mont Cenis 75018 Paris)
Vernissage & Présentation du livre avec Alain Barbero (inscription conseillée -> Galerie Achronique Paris)
Exposition Cafés viennois & littérature en noir & blanc” du 21 au 23 février
Forum Culturel Autrichien

 

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Toi, mon café

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Olessja Bessmeltsewa, Knigi i Kofe, Saint-Pétersbourg, Sankt Petersburg

Foto: Alain Barbero 2018 (Knigi i Kofe / Sankt-Petersburg)

Kaffee(ER)satz mit Pronomina

ein “ich”
wollte schreiben
und suchte sich
ein “du”
ein “für dich”
ein “zu dir”
“wir”
greift das Wort
zwischen “mir” und “dir”
ein Blatt
Papier
weiß
auf dem Tisch
steht
dieses Schreiben
(ein Schreibtisch)
und statt
“dich”
sehe ich:
es
rollt sich
und läuft
über Tischrand
auf Tischtuch
schwarz
ein Kaffeesatz
ein Gedicht
eine Rolle
eine Rolltreppe:
ihre Stufen
die Zeilen
und Buchstaben
im Wettrennen
ohne Ziel
ohne Punkt
ohne Halt
Du
.
Wollen Sie vielleicht noch einen Kaffee?

Olessja Bessmeltsewa (2018)

Marc de café pronominal

un “je”
voulait écrire
et recherchait
un “tu”
un “pour toi”
un “vers toi”
“nous”
prend la parole
entre “moi” et “toi”
une feuille
papier
blanc
sur la table
se trouve
cet écrit
(un bureau)
et au lieu de
“toi”
je vois :
il
se déroule
et se déverse
au-delà du coin de table
sur la nappe
noir
un marc de café
un poème
un rôle
un escalier roulant :
ses marches
les lignes
et lettres
dans une course
sans but
sans point
sans arrêt
Toi
.
Voulez-vous encore un café?

Traduction Sylvie Barbero-Vibet 2019

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Arômes

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Juliana Kaminskaja, Café Podpisnye Isdanija, Saint-Pétersbourg, Sankt Petersburg

Foto: Alain Barbero 2018 (Café Podpisnye Isdanija / Sankt-Petersburg)

Разрядившись в пух и прах, покачиваясь на каблуках – далеко не уйти.
Неожиданно для себя, но решительно поворачиваю и попадаю в окружение, лишь на первый взгляд – мирное. Кольцом обступают книги, стройность их рядов местами нарушают угнездившиеся среди полок букинисты. Они потягивают тексты, слегка разбавленные кофе, временами прихлёбывая.
Книги поглощают внимание людей, люди внимательно поглощают книги. Странным образом – все остаются живы.
Горьковатый вкус эспрессо смешивается с запахом типографской краски и свежих страниц. Приятная ингаляция.
Еще несколько вдохов – и стихотворные строчки на разных языках уже завертелись в моей старательно взлохмаченной голове. Крутится карусель.
А глаза с вечно неровными стрелками все еще широко раскрыты. Где я?
Погребальный шик, похоронный блеск. Ах, мой милый Августин…

Juliana Kaminskaja (2018)


Etwas aufgedonnert und auf Absätzen schwankend aus dem Straßenlärm rein.
Voll in eine friedlich wirkende Belagerung. Umringt von Lektüre in Mengen und Lesenden, die Bücher verdünnt mit Kaffee süffeln.
Die durcheinander geratenen Lager sehen zweifach gefährlich aus, wohl wegen der verdoppelten Neigung zum Verschlingen.
Bitterer Espresso-Geschmack mischt sich mit dem Geruch frisch bedruckter Seiten. Beides lässt sich inhalieren. Einige Atemzüge.
Verszeilen allerlei Sprachen drehen sich im fleißig frisierten Kopf. Karussell.
Aber die geschminkten Augen sind noch auf. Wo bin ich?
A schöne Leich. O, du lieber Augustin…

Juliana Kaminskaja (2018)


Légèrement pomponnée quittant la rue bruyante en équilibre sur les talons aiguilles pour rentrer.
Dans un lieu respirant entièrement le calme. Entourée de lectures par milliers et de lecteurs, qui lapent leurs livres allongés avec un café.
Les deux camps désordonnés ont l’air doublement dangereux, probablement du fait de leur double tendance à engloutir.
Le goût amer de l’expresso se mélange à l’odeur des pages fraîchement imprimées. Les deux peuvent être inhalés. Quelques bouffées.
Des vers dans toutes les langues tournent inlassablement dans les têtes apprêtées. Carrousel.
Mais les yeux maquillés sont encore ouverts. Où suis-je ?
Ah quel beau corps. Oh mon bel Augustin…

Traduction Sylvie Barbero-Vibet 2018


A little dolled up and staggering on high heels, stepping out of the street noise and inside.
Right into a seemingly peaceful siege. Surrounded by reading matter in large amounts and readers sipping on books diluted with coffee.
The two mixed up parties seem twice as dangerous, probably because of the double inclination to devour.
The bitter taste of espresso mingles with the scent of freshly printed pages. Both can be inhaled. Some breaths.
Verses in all sorts of languages turn in the diligently elegant head. Carousel.
But the made-up eyes are still open. Where am I?
What a beautiful corpse. Oh, my dear Augustin…

English version: Anna Robinigg 2018


Kurzinterview mit Juliana Kaminskaja
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Kinder der Poesie

———— EIN ZWEITES BUCH! / UN DEUXIEME LIVRE ! ————

Es ist offiziell: Wir machen ein zweites Foto-Literaturbuch bei Kremayr & Scheriau

Contrat signé chez Kremayr & Scheriau !

Barbara Rieger, Alain Barbero, Kinder der Poesie

Barbara Rieger, Alain Barbero, Kinder der Poesie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fotos: Tanja Raich

 

 

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