Arômes

Blog Entropy, Barbara Rieger, Alain Barbero, Juliana Kaminskaja, Café Podpisnye Isdanija, Saint-Pétersbourg, Sankt Petersburg

Foto: Alain Barbero 2018 (Café Podpisnye Isdanija)

Разрядившись в пух и прах, покачиваясь на каблуках – далеко не уйти.
Неожиданно для себя, но решительно поворачиваю и попадаю в окружение, лишь на первый взгляд – мирное. Кольцом обступают книги, стройность их рядов местами нарушают угнездившиеся среди полок букинисты. Они потягивают тексты, слегка разбавленные кофе, временами прихлёбывая.
Книги поглощают внимание людей, люди внимательно поглощают книги. Странным образом – все остаются живы.
Горьковатый вкус эспрессо смешивается с запахом типографской краски и свежих страниц. Приятная ингаляция.
Еще несколько вдохов – и стихотворные строчки на разных языках уже завертелись в моей старательно взлохмаченной голове. Крутится карусель.
А глаза с вечно неровными стрелками все еще широко раскрыты. Где я?
Погребальный шик, похоронный блеск. Ах, мой милый Августин…

Juliana Kaminskaja (2018)


Etwas aufgedonnert und auf Absätzen schwankend aus dem Straßenlärm rein.
Voll in eine friedlich wirkende Belagerung. Umringt von Lektüre in Mengen und Lesenden, die Bücher verdünnt mit Kaffee süffeln.
Die durcheinander geratenen Lager sehen zweifach gefährlich aus, wohl wegen der verdoppelten Neigung zum Verschlingen.
Bitterer Espresso-Geschmack mischt sich mit dem Geruch frisch bedruckter Seiten. Beides lässt sich inhalieren. Einige Atemzüge.
Verszeilen allerlei Sprachen drehen sich im fleißig frisierten Kopf. Karussell.
Aber die geschminkten Augen sind noch auf. Wo bin ich?
A schöne Leich. O, du lieber Augustin…

Juliana Kaminskaja (2018)


Légèrement pomponnée quittant la rue bruyante en équilibre sur les talons aiguilles pour rentrer.
Dans un lieu respirant entièrement le calme. Entourée de lectures par milliers et de lecteurs, qui lapent leurs livres allongés avec un café.
Les deux camps désordonnés ont l’air doublement dangereux, probablement du fait de leur double tendance à engloutir.
Le goût amer de l’expresso se mélange à l’odeur des pages fraîchement imprimées. Les deux peuvent être inhalés. Quelques bouffées.
Des vers dans toutes les langues tournent inlassablement dans les têtes apprêtées. Carrousel.
Mais les yeux maquillés sont encore ouverts. Où suis-je ?
Ah quel beau corps. Oh mon bel Augustin…

Traduction Sylvie Barbero-Vibet 2018


A little dolled up and staggering on high heels, stepping out of the street noise and inside.
Right into a seemingly peaceful siege. Surrounded by reading matter in large amounts and readers sipping on books diluted with coffee.
The two mixed up parties seem twice as dangerous, probably because of the double inclination to devour.
The bitter taste of espresso mingles with the scent of freshly printed pages. Both can be inhaled. Some breaths.
Verses in all sorts of languages turn in the diligently elegant head. Carousel.
But the made-up eyes are still open. Where am I?
What a beautiful corpse. Oh, my dear Augustin…

English version: Anna Robinigg 2018


Kurzinterview mit Juliana Kaminskaja
Du bist Wissenschaftlerin und Übersetzerin. Was bedeutet dir Sprache?
Juliana Kaminskaja: Die Sprache ist für mich eine Art fließende, sich dauernd ändernde Materie, aus der ich bestehe, eine Verschmelzung der mir einigermaßen bekannten Sprachen. Dazu gehören nicht nur gesprochene oder geschriebene Sprachen, sondern auch allerlei Zeichensysteme. Mit und aus dieser Materie bilde ich dauernd veränderliche Vorstellungen von mir und allem Sonstigen, indem ich mit mir, anderen Lebewesen und verschiedenen Texten der mir unbekannten, vielleicht auch längst verstorbenen Leute kommuniziere. Die sprachliche Beschaffenheit vereinigt uns alle, wird aber ganz unterschiedlich erlebt, was ich sehr spannend finde. Für mich persönlich sind die Situationen ganz besonders interessant, in denen die Sprache „versagt“, also an ihre Grenzen stoßt, an die Grenzen ihrer Ausdrucksfähigkeiten. Da schimmert für mich etwas sehr Wichtiges in der Nähe.

Was bedeuten dir Cafés?
JK: Cafés sind für mich eine Möglichkeit, aus der alltäglichen Hektik zu flüchten und schöne Gespräche zu führen. Mit mir und mit nahen, besonders wertvollen Menschen. Das gönne ich mir viel zu selten, leider, aber sehr, sehr gerne. Und noch ist für mich Kaffeehauskultur immer mit meinen Gedanken an Wien verbunden, an die schöne Zeit in Wien und an meine Wiener Freunde!

Warum hast du dieses Café gewählt?
JK: PODPISNYE ISDANIJA mag ich, weil es nicht einfach ein Café ist, sondern ein guter und alter Bücherladen, wo man auch Kaffee trinken kann. Das verbindet zwei Beschäftigungen, die mir wichtig sind.
Auch Genius loci stimmt optimal. Dieser Teil des Litejnyj-Prospektes war immer sehr beliebt bei Bücherfreunden, denn da gab es schöne Läden für alte und antiquarische Bücher. Auf der Suche nach interessanten Funden traf man gerne Bekannte, sprach über allerlei Lektüre, zeigte stolz, was man gerade entdeckt hat. Dann konnte man vielleicht ein Tässchen Kaffee irgendwo in der Nähe trinken.
Diese Tradition war sehr wichtig auch in sowjetischen Zeiten. Die großen Verlage haben damals zwar viel Neues in großen Auflagen gedruckt, aber es war nicht immer interessant, die offiziell erlaubten Neuigkeiten zu lesen. So suchte man alte Bücher und traf Freunde und Gleichgesinnte, was eine große Unterstützung war.
Jetzt kauft man alte Bücher eher über Internet, ohne die Seiten anzufassen, was ich schade finde. Es werden andererseits auch viel mehr unterschiedliche Bücher gedruckt, für ganz verschiedene Kreise der Leserschaft, so sind wir weniger auf alte Bücher angewiesen. Sehr vieles gibt es auch im Internet. Aber die Tradition der speziellen Gespräche unter Bücherfreunden lebt zum Glück weiter. Dazu gehört Kaffee oder Tee, den man gemeinsam trinken kann. Darum gibt es in vielen Büchergeschäften eine solche Möglichkeit. Gerade jetzt, wo so viel Quatsch im öffentlichen Raum gesprochen wird, ist es wichtig.

Was machst du, wenn du nicht im Café bist?
JK: Wenn ich allein in so einem Bücher-Café bin, verdaue ich meistens meine Eindrücke, blättre in noch nicht gekauften Büchern, phantasiere, was ich alles kaufe, wenn ich endlich mehr Bücherregale in meiner Wohnung habe… Oft finden sich auch bekannte im Büchergeschäft, dann plaudern wir über allerlei Lektüre oder sonst etwas. Sehr schöne Stunden, so erfreulich, wenn man sie hat!


Tu es scientifique et traductrice. Que signifie la langue pour toi ?
Juliana Kaminskaja : La langue est une sorte de matière, fluide et en constante évolution, qui me constitue, une sorte de fusion des langues que je maîtrise en grande partie. Il n’y a pas que les langues parlées ou écrites, mais aussi toutes sortes de systèmes constitués de signes. Cette matière me permet de faire des représentations toujours différentes de moi-même et d’autres éléments. Je communique ainsi avec d’autres êtres vivants et d’autres textes de personnes que je ne connais pas et qui sont peut-être aussi décédées depuis longtemps. Excusez moi pour ces banalités. Les caractéristiques de la langue nous unissent tous, mais sont vécues de manières différentes, ce que je trouve passionnant. Ce qui m’intéresse particulièrement, ce sont les situations dans lesquelles la langue est en échec, atteint ses limites, n’arrive plus à exprimer ce que l’on veut dire. Cela fait scintiller des zones proches très importantes.

Que représentent les cafés pour toi ?
JK : Les cafés représentent pour moi une possibilité de fuir le stress du quotidien et d’avoir des beaux échanges. Avec moi-même et avec mes proches, auxquels je tiens beaucoup. Malheureusement, je ne m’autorise ces plaisirs que trop rarement, mais avec beaucoup de plaisir. Par ailleurs, la culture des cafés est pour moi liée à mes souvenirs de Vienne, aux merveilleux moments passés là-bas et à mes amis viennois.

Pourquoi as-tu choisi ce café?
JK : J’aime le café Podpisnye Isdanija, car il n’est pas seulement un café, mais une ancienne et belle librairie, où l’on peut aussi boire un café. Cela réunit en un lieu deux activités que j’aime beaucoup. Le lieu est lui aussi idéal. Cette partie de la perspective Litejnyj a toujours été un endroit de prédilection pour ceux qui aiment les livres, car il y a toujours eu des beaux magasins vendant des livres anciens. En recherchant des trésors, on rencontrait des amis, on discutait des dernières lectures, on montrait avec fierté les trésors dénichés. Et on pouvait aller boire un petit café dans le coin. Cette tradition était également importante du temps de l’Union Soviétique. Les grandes maisons d’édition ont imprimé en grandes quantités les dernières nouveautés, mais ce n’était pas toujours le plus intéressant. On cherchait alors des éditions anciennes et on rencontrait des amis et pairs, une entraide très appréciée. De nos jours, on achète les anciennes éditions plutôt sur Internet, sans pouvoir toucher les pages, ce que je trouve dommage. D’un autre côté, il y a également beaucoup plus d’œuvres diverses imprimées, ce qui répond aux divers intérêts de lecteurs. De ce fait, on est moins dépendant des anciens livres. Il y a également une grande production sur le Net. Mais heureusement, la tradition des discussions entre amis de la littérature est toujours vivante. Elle est associée au café ou thé que l’on boit ensemble. C’est pour cela qu’il y a souvent une telle association dans les librairies. C’est particulièrement important à une époque où l’on raconte beaucoup de choses sans intérêt dans la sphère publique.

Que fais-tu quand tu n’es pas au café?
JK : Quand je suis seule dans une librairie-café, j’essaie d’assimiler mes impressions, je feuillette des livres que je n’ai pas encore achetés, j’imagine tous ceux que je pourrais acheter si j’avais enfin plus d’étagères dans mon appartement… Souvent je rencontre des amis, alors on discute un peu de nos dernières lectures ou d’autres choses. De très beaux moments, un réel plaisir de les avoir !


You are a scientist and translator. What does language mean to you?
Juliana Kaminskaja: Language is like some sort of fluctuating, constantly changing matter which I consist of, a fusion of the languages that I know reasonably well. These are not only spoken or written languages, but also all kinds of sign systems. Out of this matter I build ever-changing perceptions of myself and all else, through communication with myself, with other beings and various texts by people who are unknown to me and possibly long dead. We are all united by the structure or texture of language, but we perceive it very differently, which is something that fascinates me. What I find the most interesting are situations where language “fails”, where it comes up against limiting factors, where its ability to express something is limited. This is the area in the proximity of which something very important shimmers.

What do cafés mean to you?
JK: Cafés are opportunities to escape from the daily hectic pace and to have beautiful conversations. With myself and with people that are close and very dear to me. I do not treat myself to this very often, but I enjoy it very, very much. Also, coffeehouse culture still reminds me of and connects me to Vienna, memories of my beautiful time there and my Viennese friends!

Why did you choose this café?
JK: I like PODPISNYE ISDANIYA because it is not just a café but also an excellent and long-standing bookstore, where you can also have coffee. This combines two occupations that are very important to me.
The place also fits perfectly. This part of Liteynyi has always been very popular with book lovers, because there were beautiful stores for old and antiquarian books. When one was looking for interesting finds, one met old acquaintances, talked about reading matters, proudly showed what one had found. And then one could possibly have a cup of coffee somewhere close by.
This tradition was very important in Soviet times. The big editing houses used to print much of what was new in large editions, but it was not always interesting to read the news that were officially allowed. That is why one looked for old books and met friends and like-minded people, which was a great support.
Nowadays one rather buys old books online, without touching the pages, which is a pity. On the other hand, there are many more books being published, for very different groups of readers, so we are less dependent on old books. There is much online as well. But the tradition of special conversations among book lovers is still alive and well, luckily. A part of that is having a cup of coffee or tea together. That is why you find this in so many book stores. Especially now, where so much nonsense is being said in public, this is important.

What do you do when you are not at a café?
JK: When I am alone in one of these book store cafés, I usually mull over my impressions, leaf through books I have not yet bought, fantasize about what I will buy when I finally have more book shelves in my apartment… Often there will also be friends in the book store, then we will talk about reading matters and this and that. Such delightful hours, so pleasant when one has them!

Share Button
||||| Like It 2 I Like It! |||||

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *